BERBIAC : 7 ans de Biosurveillance Environnementale

Le Docteur Marine Saint-Denis, Dr en Ecotoxicologie, cogérante du bureau d’études Bio-Tox, a rappelé que la surveillance des installations de stockage des déchets (arrêtés du 09/09/1997 et du 15/02/2016)  porte sur l’analyse chimique des rejets aqueux (eaux souterraines, lixiviats et eaux de ruissellement) et des rejets gazeux (biogaz) uniquement.
En 2008, la convention passée entre le Smectom et les collectivités locales de Manses, Mirepoix, communauté de communes et les associations de riverains a inclus la mise en œuvre d’une surveillance extra réglementaire pour mesurer l’impact potentiel de l’activité sur des organismes vivants. Le suivi réglementaire consiste en effet à vérifier qu’un certain nombre de paramètres respectent des valeurs réglementaires fixées. Cette approche basée sur la chimie présente des limites, par exemple toutes les substances susceptibles d’être présentes ne sont pas réglementées, et leur effet combiné n’est pas pris en compte. Au contraire des études sur des organismes vivants permettent d’évaluer l’impact réel de toutes les substances présentes sous forme de mélanges, ainsi que leur biodisponibilité.
Bio-Tox a proposé et réalisé des essais portant sur les sols, les sédiments (pour le suivi des eaux) et l’air. L’étude des eaux n’est pas possible à cause de la sécheresse estivale des deux ruisseaux qui traversent ou voisinent le site et dans lesquels les effluents liquides pourraient être évacués accidentellement. C’est donc sur les sédiments prélevés dans le lit de ces ruisseaux que les essais ont porté.
De 2009 à 2015, il y a eu six points de prélèvement de sol, quatre points de prélèvement des sédiments (en amont et en aval du rejet du site dans le Millas, et en amont et en aval du rejet du Millas dans le Bessous) et quatre points de prélèvements de lichens qui sont les récepteurs des pollutions de l’air positionnés en référence à la rose des vents. (visuel 8)
Avec la nouvelle installation en 2016, deux des points de prélèvement de sol ont été déplacés de l’ancien vallon à proximité du nouveau et le point amont du Millas a été porté plus en amont du nouveau vallon. (visuel 9)
Les essais sur l’air sont basés sur l’analyse des lichens (association algues et champignons) reconnus comme des organismes sentinelles réagissant aux modifications de fond de la qualité atmosphérique et ayant une capacité d’accumulation dans le temps.
Ils permettent : un diagnostic global de la qualité de l’air (étude de flore) et des analyses chimiques des dioxines et furanes (PCDD/F) et des métaux et hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). (visuels 10 à 14)
Les deux études de la flore en 2009 et 2014 montrent une qualité de l’air qui n’est pas plus impactée par l’activité du site que par la présence d’habitations et le trafic routier.
Les prélèvements de sols font l’objet d’essais sur des organismes vivants tels le ver de terreau, les daphnies et des bactéries. Le résultat visible sur le document projeté pendant le réunion et joint en PDF conclue à l’absence de pollution sur 5 des 6 points de prélèvements et peu ou pas pollué sur le 6ème. (visuel 16)
L’essai de génotoxicité (visuel 17) conclue à l’absence d’effet génotoxique.
Les prélèvements de sédiments montrent l’absence d’impact du site (visuel 18).

CONCLUSION :
La synthèse des résultats de sept années de suivi par Bio-Tox (visuel 19) est donc rassurante pour les riverains du site.
La présence du site peut occasionner de la gêne en termes d’odeurs ou de bruits qu’il convient de traiter pour la tranquillité des habitants des communes voisines, mais les études écotoxicologiques et la biosurveillance montrent l’absence d’impact du site sur son environnement immédiat entre 2009 et 2016.
L’importance de ces essais pour l’activité traitement des déchets,  jusque là uniquement contrôlée par rapport  à la réglementation des composés chimiques, donnera lieu à publication scientifique.

Manses 4 novembre 2016.

TELECHARGEMENT