L'eau dans le village

Jusqu’à l’installation du réseau d’eau potable, l’eau a toujours été un problème à Manses car les sources se tarissaient en été.
Il y avait trois pompes dans le village : une rue du Barry, une devant l’église, une dans la rue du Moulin, plus le bassin devant la salle des fêtes qui servait aussi à abreuver les animaux.

Ces trois pompes sont alimentées par des canalisations en terre cuite. L’eau captée au dessus de « Vergnes » alimentait d’abord un réservoir d’eau au dessus du village (au dessus de chez Jean Tolosa) pour ensuite être distribué  sur les 3 pompes. Cette installation complexe et couteuse avait été réalisée  par le marquis de Portes à l afin du XIX ème siècle…mais par temps de sécheresse,  l’eau ne coulait plus que goutte à goutte. Il fallait faire la queue aux pompes, et patienter pour remplir les seaux d’eau nécessaires au ménage (4 seaux d’eau par jour et par foyer). Les rares puits dans les jardins étaient aussi à sec (un puits dans le jardin du presbytère, devenu le jardin de Marie Rose, un autre puits dans le jardin des Beltran)

C’était le même problème pour abreuver les bêtes. Il y avait des vaches, des ânes, des bœufs dans chaque maison, et il fallait les faire boire une fois par jour hiver comme été. On imagine les bouses partout dans les rues du village… Les rues étaient nettoyées une fois par an pour la fête du village. A cette occasion, les bêtes faisaient le tour par en haut pour aller boire au ruisseau  pour ne pas salir les ures pendant la durée de la fête. Honte au cultivateur qui ne respectait pas cette tradition !

Il n’y avait pas -bien sûr- de WC dans les maisons , on utilisait un seau de toilette en fer blanc émaillé qu’on allait vider tous les matins au fond des jardins.

On imagine la fête qu’a été l’arrivée de l’eau courante à Manses. C’était à la fin des années 1960, Pour les femmes surtout ce fut une libération avec la fin d’une corvée quotidienne.

D’autant plus qu’elle permettait aussi l’arrivée d’un élément clef pour la libération de la femme : la machine à laver le linge.

Quelques bricoleurs de génie avait anticipé cette révolution ménagère en installant une machine à laver faite maison pour leur épouse. Ainsi François Sanchez en 1966 avait bricolé une machine semi automatique  alimentée par gravité par une cuve remplie en pompant l’eau du puits du jardin d’à coté, et chauffée ensuite avec une bouteille de gaz butane.

C’était le progrès qui arrivait à Manses !