Conférence sur les fouilles archéologiques dans l'église

Patrice George et Martine Rouche Four Sépulture 1 Martine Rouche et Patrice George Sépulture enfant Visite Sepulture Bravo Plan

Pour les Journées Européennes du Patrimoine des 17 et 18 septembre,  Manses a organisé une conférence sur les sondages archéologiques qui ont eu lieu en décembre 2015 dans l’église Saint Jean-Baptiste. Simone Verdier, maire, a d’abord rappelé les péripéties administratives et financières qui ont retardé ce diagnostic et les travaux d’électricité et de dallage. Mais la mobilisation de la sous préfecture de Pamiers et de l’Inrap ont permis de tenir des délais compatibles avec les financements publics obtenus. Gabrielle Cambus, présidente de l’Aréma, a présenté les deux intervenants et ouvert la conférence.

Martine Rouche, guide conférencier, a expliqué les pratiques funéraires aux XVIIe et XVIIIe siècles, à partir des registres de Manses. Elle a relevé aux archives départementales les actes de sépultures à l’intérieur de l’église. Le plus ancien registre des BMS de Manses commence en 1634 (20 mars 1634, première inhumation dans l’église). L’édit royal du 10 mars 1776 interdit les sépultures à l’intérieur des églises pour des raisons d’hygiène, mais Manses, comme la plupart des communes, cesse ces inhumations  bien avant. La dernière sépulture dans l’église de Manses date du 11 mai 1730. Entre ces deux dates, 41 personnes sont inhumées dans l’église. Il y en a très probablement eu avant 1634, dont on n’a pas de trace écrite. Sur 41 actes, 6 précisent « la chapelle Notre Dame » ou « devant la chapelle Notre Dame », 2 précisent « à la sépulture de ses ancêtres », 32 situent la sépulture dans l’église Saint-Jean Baptiste, 1 dans « l’église de monsieur saint jean baptiste » (orthographe conforme au registre). Sur les 41 personnes enterrées dans l’église, 10 étaient des hommes, 11 des femmes, 15 des enfants (entre quelques jours et 14 ans), 4 des prêtres et 1 diacre.
Patrice Georges, archéologue, anthropologue et historien, a ensuite relaté la mission d’archéologie préventive de l’Inrap à Manses. Les archéologues aujourd’hui travaillent avec des pelles mécaniques ; les « méthodes Indiana Jones » n’ont plus cours ! Manses a été le premier chantier pour lequel  l’équipe de l’Inrap a utilisé une pelle mécanique électrique, alimentée par un groupe électrogène extérieur à l’église. C’est utilisé pour éviter le risque de dégradation sur des éléments intérieurs de l’édifice (enduits, tableaux, etc.) résultant des gaz d’échappement d’un engin diesel.

Il a ensuite précisé que l’archéologie concerne uniquement les traces de vie humaine et non les restes d’autres vies naturelles, végétales ou animales.

La mission a été très courte (5 jours) et il ne s’agissait pas de véritables fouilles avec étude des découvertes effectuées. Le but était de vérifier, en plusieurs endroits, l’altimétrie des vestiges archéologiques pour s’assurer que les travaux d’électricité et de dallage ne détruiraient pas des vestiges intéressants.

Sur les six tranchées ouvertes, une seule ne contenait pas de sépulture, les cinq autres, en revanche, en étaient pourvues : 4 dans le sondage n°1, 3 dans le sondage n°2, 3 dans le sondage n°3, 2 dans le sondage n° 4 et 2 dans le sondage n°5, soit au total 14.

Toutes les personnes inhumées découvertes avaient la tête à l’Ouest et les pieds à l’Est (pour regarder « le signe cosmique du soleil levant qui symbolise l'universalité de Dieu »). Sous la pierre gravée d’une croix de Malte, la personne inhumée avait, au contraire, la tête orientée à l’Est, privilège réservé aux ecclésiastiques.

La mission archéologique a également mis à jour un four, qui pourrait être un four à chaux antérieur à la construction de l’édifice, mais l’hypothèse d’un four à cloche n’est pas à exclure complètement.

Au terme des deux présentations,, de nombreuses questions ont été posées par l’assistance, suivies d’une visite de l’église et enfin du verre de l’amitié.